« L’électrification du transport de marchandises et de passagers bat son plein », affirme le professeur Antonios Papaemmanouil, directeur de l’Institut de génie électrique de la Haute École spécialisée de Lucerne. Le forum sur la mobilité électrique, qui se tiendra au Technoparc de Zurich le 10 septembre, abordera son impact sur la logistique.

Des participants de renom et des conférenciers invités décriront les étapes nécessaires pour atteindre la neutralité carbone et un avenir plus durable dans les transports. L'accent sera mis sur l'électrification et, dans certains cas, l'automatisation des centres logistiques, des camions et des services de transport public. Une gestion efficace de l'énergie et des données est, bien entendu, essentielle à la recharge, au stockage et à l'exploitation. Monika Schärer, intervenante pour la SRF, présentera au public le développement de nouvelles technologies, de modèles commerciaux innovants et leur intégration aux infrastructures énergétiques et aux processus opérationnels existants.
Au sommet en Europe
Pour commencer, Christoph Schreyer, de l'Office fédéral suisse de l'énergie, présentera un rapport sur les conséquences de la réglementation des émissions de CO2 pour les poids lourds en Europe et sur les incitations à l'achat de véhicules plus économes en énergie. La Suisse est en tête en Europe pour les nouvelles immatriculations de camions électriques, notamment grâce à l'exemption actuelle de la taxe sur les véhicules lourds (LSVA).
Entre autres intervenants, Julian Galonska de Siemens Suisse abordera les défis auxquels sont confrontées les entreprises de logistique lors de l'électrification de leurs flottes de véhicules commerciaux – de l'investissement initial élevé et de la capacité limitée du réseau à la garantie d'un fonctionnement fiable.
A. Papaemmanouil
L'entreprise Galliker fait déjà figure de pionnière en matière de véhicules électriques. « E-Power 2.0 » marque une nouvelle étape dans son développement vers des opérations de transport routier durables, et Peter Galliker a l'occasion d'en expliquer la stratégie. Progressivement, tous les sites seront équipés des infrastructures nécessaires. Les infrastructures de recharge, les systèmes de stockage d'énergie par batteries et les réseaux locaux dédiés à moyenne tension sont en cours de planification. Le logiciel requis permettra un fonctionnement efficace et une interaction fluide entre l'énergie photovoltaïque produite par l'entreprise, les infrastructures de recharge, le stockage d'énergie par batteries et les bâtiments.
Exigences différentes
Robert Bianchetti explique pourquoi de nombreuses entreprises suisses souhaitent électrifier leurs flottes de camions, mais peinent à déterminer la composition idéale de ces flottes et la stratégie de recharge optimale. En effet, les camions électriques sont confrontés à des exigences contradictoires en matière d'autonomie, de capacité de recharge et de temps de charge. Le projet de recherche INFRAS, mené en collaboration avec de nombreuses entreprises de logistique suisses, recense leurs besoins spécifiques en matière d'électrification. À partir de ces informations, différents cas d'usage sont élaborés, et les coûts d'exploitation totaux, les impacts environnementaux, les capacités de recharge requises et les effets sur le réseau sont analysés.
Bianchetti présente un aperçu des obstacles existants, des scénarios nationaux d'électromobilité pour camions électriques en Suisse, des exigences de recharge régionalisées sur les routes nationales (qui servent de base quantitative à l'appel d'offres ASTRA prévu pour les stations de recharge rapide pour camions électriques) et un outil Excel paramétré pour modéliser l'électrification des flottes de camions, qui a été appliqué dans une étude de cas avec Lidl.
Tunnel électrique près de Galliker à Altishofen
La présentation de Matthias Rödter (Association Swiss Transit Lab) devrait également retenir l'attention. Il y a moins de dix ans, les premiers véhicules autonomes ne circulaient pas plus vite qu'un piéton. « Aujourd'hui, aux États-Unis et en Chine, des véhicules circulent sans conducteur dans la circulation normale. » Où se situe la Suisse dans cette évolution ? demande-t-il. Et quel est l'objectif du projet pilote mené par Swiss Transit Lab, le canton de Zurich et les CFF (Chemins de fer fédéraux suisses) ?
Le programme est disponible en téléchargement

















